article écrit par Amélie Canchaya
Les Mapuches (ce qui signfie peuple de la terre en Mapudungun, leur langue) sont un peuple vivant majoritairement au centre du Chili et au centre-ouest de l'Argentine. Ils étaient appelés par les espagnols les Araucans car ils habitent dans la région de l'Auracanie.

Carte indiquant le territoire du peuple Mapuche
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Un des drapeaux représentant le peuple Mapuche, appelé le Wenufoye en Mapudungun et datant de 1992 (ce qui signifie le ciel de la Drimys winteri, une plante)
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Drimy Winteri
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Ancienne bannière Mapuche datant de vers 1700
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Bannière ancestrale des Mapuches
L'origine du peuple Mapuche reste ouverte à débat, cependant la présence de nombreux sites archéologiques laisse à supposer que les Mapuches sont des autochtones descendants des tribus sibériennes qui se sont installées dans la région de l'actuel Chili et un peu en Argentine. Cette hypothèse n'exclut pas un potentiel apport des peuples voisins comme les peuples Incaïques.
Une théorie suppose que les ancêtres des Mapuches seraient les habitants de la culture El Molle, une culture de la région du Norte Chico du Chili.
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La région d'El Norte Chico en Orange

Vase en céramique de la culture El Molle
Cela s'appuie sur le fait que cette culture s'est développée du 1er au 8ème siècle de notre ère et que c'est au 8ème siècle que la culture Mapuche telle qu'on la connaît s'est développée.
Cela pourrait aussi expliquer pourquoi toute la région de la culture El Molle possède des noms d'origine Mapuche.
A partir du 15ème siècle, les Mapuches vont commencer à subir l'expansion du Tahuantinsuyo, l'empire Inca.
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Carte de l'expansion du Tahuantinsuyo
C'est sous le règne de Tupac Yupanqui que la première expédition aura lieu. En effet après avoir soumis les Diaguitas, Tupac Yupanqui commença à étendre l'empire sur les terres Mapuches jusqu'au fleuve Maul, faisant en sorte que les peuples de la région rejoignent l'empire (par la diplomatie ou par la méthode de la guerre andine (on se décide d'un lieu de l'affrontement en dehors de la ville et pour diverses raisons, religieuses généralement, on s'assure que le vainqueur gagnera ce qu'il souhaite)).
Cela va ainsi former la frontière sud de l'empire.
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Carte avec le fleuve Maul du côté de la ville de Constitucion

Position de la ville de Constitucion
Les Incas de Tupac Yupanqui vont alors chercher à continuer d'avancer, rencontrant le peuple des Promaucaes, un peuple Mapuche.
Les Incas vont alors envoyer des ambassadeurs proposant aux Promaucaes de rejoindre le Tahuantinsuyo en reconnaissant l'Inca comme leur souverain.
Les Promaucaes refusent, préférant combattre les Incas. L'affrontement entre les deux parties dura 3 jours sans qu'aucune des parties ne prenne l'avantage. Les deux parties étaient égaux en nombre, chacun ayant environ 20 000 guerriers, et cette bataille provoqua des pertes importantes de chaque côté. Il s'agit de la bataille du Maul.
Affrontement entre les Mapuches et les Incas
Le 4ème jour, voyant les pertes importantes, les Promaucaes considérèrent qu'il fallait mieux partir, les Incas ayant également subit de lourdes pertes préférèrent s'occuper de consolider leurs anciennes conquêtes.
Quelques chroniqueurs espagnols disent que les Incas auraient fait plus tard une autre conquête plus au Sud, mais ces chroniques sont elles-même issues d'anciennes chroniques pas forcément très fiables, donc il est dur de s'assurer de leur véracité.
Vers 1520, la guerre civile incasique entre Huascar et Atahualpa pour le trône du Tahuantinsuyo commença. Ce faisant, les forces Incas quittèrent le territoire Mapuche pour aller vers le Nord.

Représentation de la guerre civile entre Atahualpa et Huascar
Après avoir envahi l'empire Inca, les Espagnols vont alors chercher à soumettre les Mapuches. Les espagnols, fiers de leur victoire face aux Incas et n'ayant aucune information d'un peuple qu'ils considéraient comme très civilisé, y allèrent en pensant obtenir une victoire facile.
De plus du côté Mapuche, profitant de la chute de l'empire, de nombreuses tribus Mapuches en profitent pour chasser les derniers gouverneurs Incas de la région pour reprendre leur indépendance.
Cependant les Mapuches résistèrent avec une grande efficacité, prenant avantage de leur pays qu'ils connaissent très bien pour tenir des embuscades aux espagnols.
C'est en 1535 qu'a eu lieu la première rencontre entre Mapuches et Espagnols. En effet c'est cette année que le conquistador Diego de Almagro envoya une expédition du côté du pays Mapuche, et c'est le 15 juillet 1536 qu'a eu lieu la première bataille entre les Mapuches et les Espagnols. Etonnés par les armes des espagnols et leur cavalerie, cette bataille fut une défaite pour les Mapuches.
Diego de Almagro
Les Mapuches étaient dirigés par Michimalonco, qui est un Toqui, un titre que donne les Mapuches à leurs chefs militaires.

Représentation de Michimalonco
Malgré cette victoire, cela coûta beaucoup à Almagro qui gagnait ainsi une terre pauvre, il chercha donc à faire que Cuzco soit dans son domaine et ne chercha pas à s'étendre plus au Sud.
Finalement un autre espagnol, Pedro de Valdivia, arriva dans la région, il fonda le 12 février 1541 la ville de Santiago (actuelle capitale du Chili). Michimalonco organisa alors la résistance pour chasser l'envahisseur espagnol de son pays. Le 11 Septembre de la même année, il attaqua Santiago.

Pedro de Valdivia
Les Espagnols tiendront mais avec difficulté. Capturant quelques Mapuches, mais peu, et subissant quelques pertes.
Durant cette bataille, Inès Suárez, l'infirmière de l'expédition, proposa alors le plan de jeter les têtes des chefs Mapuches qu'ils avaient pour essayer de pousser à la fin de l'attaque. Beaucoup d'espagnols n'étaient pas très enjoués par cela. Malgré tout, voyant l'ampleur de la situation, tous les conquistadors étaient soient blessés soient morts. On finit par accepter l'idée d'Inés, on raconte que lorsqu'on lui demanda comment on devrait exécuter les chefs Mapuches, elle prit une épée et coupa la tête du premier en disant "De cette façon". Ce lancer de tête eut finalement l'effet escompté, les Mapuches interprétant cela comme un avertissement décidèrent de partir laissant Santiago en ruine derrière eux.
Représentation d'Inès de Suárez durant cet événement
Valdivia cherche à assurer à la ville de Santiago une sécurité et à coloniser plus de territoire, pour ce faire, il prépare une expédition en territoire Mapuche. Il part donc en février 1546 pour cette expédition marquant le début de ce que l'on appelle les guerre d'Arauco (Arauco étant le nom donné par les espagnols au pays des Mapuches).
Il avance jusqu'à la rivière Biobio avec des espagnols mais également quelques milliers d'auxiliaires Incas qui n'avaient pas trop le choix, et là il réussit à vaincre les Mapuches à la bataille de Quillacura grâce à leurs armes inconnues encore pour la majorité des Mapuches. Cependant la faiblesse de ses forces lui fit comprendre qu'il ne tiendrait pas longtemps dans le pays Mapuche et il retourna alors à Santiago pour mieux se préparer pour la prochaine fois. Il retourna 4 ans plus tard mieux préparé, gagnant la batailles de Andalién, proche de l'actuelle ville de Concepcion au Chili. Les Mapuches avaient tenté de prendre par surprise les espagnols mais les armes espagnoles vont finalement avoir raison des Mapuches. C'est durant cette bataille qu'on a les première traces de Lautaro, un Mapuche qui était écuyer et serviteur de Valdivia et qui aura une grande importance par la suite.

Représentation de Lautaro sur un cheval

Carte indiquant la position de Concepcion
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Représentation de la bataille d'Andalién
Les Espagnols vont alors construire un fort qui se fera attaquer par le Toqui (un chef Mapuche) Ainavillo. Malheureusement, cela échoua et les espagnols vainqueurs purent fonder la ville de Concepcion. Après la bataille, Valdivia fit couper aux prisonniers une main et un nez et les renvoya chez euxcomme un avertissement. Cela va profondément marquer Lautaro.
Durant le chemin de retour à Santiago, Lautaro réussit à s'enfuir et devient un Toqui Mapuche.
Lautaro va alors enseigner à son peuple les méthodes militaires des espagnols et les formera à utiliser le cheval pour la lutte contre l'envahisseur espagnol.
Représentation de Lautaro
Avec ces informations, Lautaro savait que Valdivia devait se rendre au fort de Tucatel (un fort au sud). Et il se prépara alors à mener une embuscade contre lui.
Selon les versions c'est vers cette période que Valdivia trouva la mort. La date exacte de sa mort varie selon les versions : selon une première, il serait mort tué par une lance Mapuche durant la bataille. Une autre théorie dit qu'il aurait été capturé et amené à Lautaro qui l'aurait torturé pendant 3 jours avant de le tuer : il aurait retiré son coeur, puis il l'aurait mangé avec un autre Toqui. Cette théorie est vue comme très peu probable car dans la culture Mapuche, on ne mangeait que le coeur des guerriers les plus extraordinaires dans le but de récupérer leur force et non pas dans un acte de cannibalisme pur. Il est donc fort probable qu'il a eu une fin de vie rapide.
Cette victoire fut extrêmement importante, car elle mettra fin au mythe d'invincibilité que les espagnols avaient en Amérique du Sud.

Représentation des derniers moments de Valdivia
Lautaro souhaitait profiter de cette victoire, cependant les traditions Mapuches imposaient des célébrations importantes pour célébrer la victoire ; cela l'empêchat de profiter de cette victoire à son plein potentiel.
Cependant en février 1554, il réunit environ 8000 Mapuches pour réaffronter les troupes espagnoles sur la pente de Marihueñu. Ainsi eut lieu la bataille de Marihueñu du 24 au 26 février 1554. Les troupes espagnols dirigées par Francisco de Villagra s'étaient réorganisées et étaient mieux préparées pour combattre les Mapuches.

Francisco de Villagra
L'armée espagnole contenait 370 espagnols et environ 2000 guerriers Incas.
Avant la bataille, Lautaro avait pris grand soin de couper les lignes de communication entre les forces espagnoles et la ville de Concepcion. Après une grande bataille, Villagra finira par fuir avec 66 espagnols et quelques centaines d'Incas, la victoire de Lautaro était totale et son prestige en fut augmenté.
Lautaro apparut alors comme invincible pour les Espagnols qui abandonnèrent Concepcion en brûlant la ville.

Représentation de la bataille de Marihueñu
En 1554, Villagra prépara ses troupes, repartit dans le pays Mapuche et ravagea les récoltes et propageant avec ses troupes des maladies qui seront appelées Chavalongo (mot venant du Mapun) par les Mapuches. Cette expédition va provoquer une famine et réduire grandement la population Mapuche.
En 1555, les Espagnols vont essayer de reconstruire Concepd par Franccion, cependant Lautaro va arriver en Décembre 1555 avec 4000 Mapuches pour vaincre, détruisant la ville pendant que 38 espagnols vont fuir par la mer.
En 1556, Lautaro prépare une offensive contre Santiago pour libérer définitivement son pays des colons, cependant ce projet ne rencontre que peu de succès chez ses pairs et il n'arrive à réunir qu'une petite armée de 600 Mapuches pour son projet.
En octobre 1556, Lautaro et ses guerriers atteignent la rivière Mataquito et y construisent un fort du côté de l'actuel Teno dans la région de la Mauleet. Ils utilisent cette place avancée pour envoyer des hommes faire de la reconnaissance du côté de Santiago.
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Position approximative du fort
Les Espagnols dirigés par Villagra vont tenter de prendre le fort mais n'y arriveront jamais.
Lautaro finit par se retirer, il fut alors suivi par Villagra, cependant dans une manoeuvre astucieuse, il s'arrangea pour que les forces espagnoles les dépassent, pour que Lautaro puisse avancer tranquillement vers Santiago. Cependant le dirigeant de Santiago avait prévu cela et faisait surveiller de loin les déplacement des troupes de Lautaro, il peut ainsi s'apercevoir rapidement de la stratégie de Lautaro et envoya une petite armée arrêter Lautaro pendant qu'il demanda à Villagra de retourner à Santiago. Les Espagnols apprirent la position du camp, probablement par la trahision d'un Mapuche.
Le 29 avril, les Espagnols attaquent le fort de Lautaro provocant la mort de Lautaro durant la bataille de Mataquito.

Position de la bataille
Cette victoire était décisive pour les Espagnols car ils ont tué ainsi l'un de leurs plus grands ennemis, Lautaro.
En 1557, García Hurtado de Mendoza ordonna que l'on reconstruise Concepcion avec des forces importantes (600 soldats, 6 pièces d'artillerie et 1000 chevaux).

García Hurtado de Mendoza
Il envoya sa cavalerie par voie terrestre et lui arriva par la voie maritime, à l'arrivée il reconstruisit Concepcion.
Puis il tenta d'avancer au Sud, où il affronta les forces Mapuches de Galvarino (un des guerriers de Lautaro très connu). Cependant ce dernier échoua et les Espagnols réussirent à vaincre les forces Mapuches.

Galvarino
Durant cette attaque, Galvarino fut capturé avec de nombreux autres Mapuches et fut condamné à se faire amputer des membres comme il était courant de faire chez les Espagnols, il a alors perdu ses deux mains, cependant il fut libéré comme exemple pour les Mapuches probablement car il aurait dit cela :
Tu as trouvé juste des moyens
pour punir et vaincre;
Mais il reste tant de mains
pour laquelle tu as coupé en moi
dans les autres Araucans
J'espère que de cette façon
Vos vaines tentatives sortiront (...).
et donc cette main ennemie
que vous avez coupé ce brave (...).
Tant de mains vont naître
que le vôtre s'attachera
Représentation de l'Amputation de Galvarino
Après être de retour chez les Mapuches, il montra ces mutilations et encouragea à reprendre la lutte contre les Espagnols comme l'avait fait Lautaro.
Il fut déclaré le meneur des forces Mapuches avec l'aide du toqui Caupolicán puisque sans ses mains, il n'était plus possible pour lui d'affronter comme avant les forces espagnoles.

Tableau nommé « Je suis Caupolicán, qui par mon destin et par la terre a renversé le fondement, et celle d’Arauca la seigneurie. Il a le commandement absolu et des régiments »
Caupolican affronte le gouverneur du Chili mais sans succès, Galvarino étant capturé puis tué par les Espagnols durant ces affrontements.
Les Espagnols vont alors fonder une forteresse en plein territoire Mapuche, Caupolicán va alors avancer avec ces forces pour libérer son pays des colonisateurs. Il va attaquer la forteresse espagnole, pensant que les portes de celle-ci seront ouvertes grâce à l'alliance d'un Inca qui se trouvait dans le camp Espagnol, cependant cette Inca sera trahi et les portes de la forteresse resteront fermées aux Mapuches.
Caupolicán est capturé durant cette bataille et sera exécuté par les Espagnols.
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La capture de Caupolicán
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Caupolicán prisonnier

La mort de Caupolicán
Mendoza pensait que la mort de Caupolicán provoquerait la fin des luttes Mapuches, cependant cela ne fut pas le cas et au contraire, cela encouragea les Mapuches à continuer la lutte contre l'envahisseur espagnol. La guerilla a continué et pris une telle ampleur que Mendoza se rendit compte que non, les Mapuches continuaient à résister.
Les Mapuches, dirigés par un nouveau toqui, vont construire un nouveau fort, le fort de Quiapo. Mendoza va alors attaquer le fort le 13 décembre 1558 et le détruire. Cette bataille fit de lui ainsi le vainqueur des Mapuches cependant pour ce faire il avait dû utiliser énormément de moyens, et avait ainsi apporté complètement l'artillerie et les armes à feu, en plus d'unir de plus en plus les différentes tribus Mapuches qui commençaient réellement à avoir une très forte unité.
Villagra finalement repris le poste de gouverneur du Chili.
En 1561, les hostilités ont repris, en effet par le meurtre de 4 espagnols par les Mapuches. En effet ces 4 espagnols traitaient mal les Mapuches.
A la fin de 1561, les Mapuches étaient dirigés par leur toqui Lincoya (un grand vétéran puisqu'il avait participé aux premiers combats contre Valdivia).
Le fils du gouverneur détruisit la forteresse mais cela ne fut pas une réelle défaite pour les Mapuches car ils purent fuir sans trop de pertes.

Tableau appelé l'épopée du Chili
Les Mapuches font reconstruire le fort mais celui-ci sera détruit à nouveau par les espagnols, donc ils font reconstruire une troisième fois le fort en installant des pièges pour la cavalerie.
Finalement après pas mal de conflit, Villagra meurt le 22 juin 1563 à Concepcion mettant fin à ces campagnes contre les Mapuches. Il ne meurt pas directement dans la guerre contre les Mapuches mais la perte de son fils dans la guerre, la fatigue liée à cette guerre sont considérées comme des éléments qui l'ont affaibli et ont provoqué en partie la maladie qui l'a tué.
En 1598, la mort du gouverneur Martín Óñez de Loyola à la bataille de Curalaba marque un tournant dans le conflit.

Martín Óñez de Loyola
De 1608 à 1683, les espagnols mettent en place l'esclavage des Mapuches se trouvant sur les terres qu'ils contrôlaient.
Cependant le coût très important de ces guerres contre les Mapuches et leur efficacité relative va convaincre le roi d'espagne et le parlement de Quillin de parlementer en 1641 avec les Mapuches pour obtenir la paix en reconnaissant l'indépendance du Pays Mapuche vis à vis de l'Espagne. Cela sera confirmé des années plus tard mettant vers 1662, la fin de ce long conflit.
Ce conflit (que l'on appelle guerre de l'Arauco) qui avait duré quasiment 100 ans fera qu'on appellera en Espagne, l'Araucanie la Flandre Indienne (en raison de la guerre d'indépendance des Provinces Unies vis à vis de l'espagne qui avait durée 80 ans et dont la majorité des affrontements avait eu lieu dans le comté de Flandre.).
De nombreux textes de cette époque comme l'Araucana par exemple, une épopée écrite par un conquistador pour le roi d'espagne, montrent la vaillance et le courage ainsi que la résistance du peuple Mapuche contre la colonisation.
La fin des hostilités va aussi permettre aux Mapuches d'avoir de nombreux contacts culturels plus forts (ces contacts existaient déjà avant mais étaient moins importants) avec d'autres peuples voisins qui vivent dans les Pampas (ce nom vient du Quechua et veut dire plaine) et de la Patagonie (il vient de ses habitants que l'on disait très grands et donc par comparaison avec le géant Patagon, la région fut appelée Patagonie), ceux que l'on appelle les Tehuelches. Cela sera accentué car la guerre contre l'Espagne a énormément unis les Mapuches (on est passé à un système de petites tribus à des grands clans unis) et leur a apporté les chevaux, qui leur permettent de faire de longs déplacements.
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Mapuches à cheval

Carte de la région des Pampas
Carte de la Patagonie
Photo d'un chef Tehuelche
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Drapeau du Peuple Tehuelche
L'arrivée des Mapuches va Mapuchiser certains Tehuelches de manière soit pacifique (par le commerce et des alliances) soit par la guerre. Les Mapuches apportant leur langue et leur culture. Les Tehuelches apportant aussi le caractère nomade aux Mapuches vivant chez eux, ce qui va encore plus fusionner les deux peuples.

Tehuelches Mapuchisés
Pendant la guerre d'indépendance du Chili de 1818 à 1826, peu de Mapuches participèrent à la guerre, en effet, les conflits avaient lieu loin de leur territoire.
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Carte indiquant la position du Chili et sa taille à son indépendance
Finalement en 1861, le gouvernement Chilien commencera à vouloir occuper le pays Mapuche.
Pour ce faire, Cornelio Saavedra Rodríguez (un militaire Chilien) mit en place une stratégie pour prendre le contrôle des terres Mapuches.

Cornelio Saavedra Rodríguez
Ce plan comprenait non seulement des actions militaires, mais aussi la pénétration des territoires par le transfert de la culture chilienne de l'autre côté de la frontière. Il a cherché à fonder des villes, à construire des travaux publics tels que des routes, des télégraphes et à créer des écoles et des hôpitaux. Les terres conquises seraient transférées sans frais aux colons chiliens et européens pour encourager l'évolution démographique dans la région et développer la production de blé.
Ce plan a aussi compris des alliances avec les clans ennemis aux autres, à la guerre, en passant par la corruption à base de boissons alcoolisées.
Cornelio Saavedra Rodríguez négociant avec des chefs Mapuches en 1869
Le militaire a alors commencé à avancer en territoire Mapuche et a refondé d'anciennes villes construites par les Espagnols. Mais très rapidement il rencontra la forte résistance des Mapuches qui voyaient d'un très mauvais oeil le retour d'un colonisateur sur leurs terres. Et il eut des résistances Mapuches.
En décembre 1866, le Congrès chilien adopta une loi qui reconnaissait les droits des Mapuches dans le "Territoire autochtone", créant une Commission d'experts, la Commission des radicaux des peuples autochtones, dont la mission était de détacher les possessions indigènes. Selon cette loi, les terres où les Mapuches ne pouvaient pas prouver la possession seraient considérées comme des friches. La constitution de la propriété, selon la loi de 1866, ne pouvait être réalisée qu'après la conquête du pays Mapuche, après quoi l'État a pris le contrôle militaire du territoire mapuche, et a traité les terres comme si elles étaient procureurs, contrevenant au sens de sa propre législation, et les droits qui possèdent les Mapuche étaient massivement inconnus. De cette façon, les Mapuche sont passés du contrôle d'environ 10 millions d'hectares, à devoir survivre en seulement 500 000, c'est-à-dire environ 5% de leur territoire.
En décembre 1867, 4000 à 5000 guerriers Mapuches dirigés par le Lonco Quilapan s'étaient rassemblés pour lutter contre le colonisateur chilien.

Représentation de Quilapan

Fille de Quilapan
Malheureusement les souhaits de Quilapan de libérer son pays furent mis en échec par les stratégies de Cornelio Saavedra Rodríguez qui utilisa les rivalités entre les clans pour s'assurer que jamais les Mapuches ne s'unissent ensemble.

Quilapan menant les Mapuches contre les Chiliens lors de la bataille de Quechereguas en 1868 qui fut une victoire Mapuche
Cependant en 1880, le Chili est en guerre contre la Bolivie et le Pérou durant ce que l'on appelle la guerre du Pacifique, cela va permettre aux Mapuches de pouvoir mieux résister contre l'envahisseur. De plus cette fois-ci tous les Mapuches étaient entièrement unis en une seule entité pour résister contre le Chili. Malheureusement la fin de la guerre du pacifique permit aux troupes Chilienne d'arriver en 1883 pour vaincre les Mapuches. Ils font refonder la ville de Villarrica (détruite par les Mapuches).

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Photos des troupes Chilienne à Villarica
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Famille Mapuche en 1890
Les Mapuches vont être mis dans des petites réserves (comme ce qu'ont fait les Etats-Unis aux populations autochtones d'Amérique du Nord) appelées titre de Miséricordes.

Famille Mapuche en 1908 dans une réserve
Vers la même période l'état argentin va aussi conquérir les territoires Mapuches et Tehuelches.
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Le Malon une stratégie Mapuche qui sera très utilisée lors de la lutte contre la colonisation de leur pays

Expansion Argentine
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Mapuches dans les plaines
Les argentins font déplacer des populations autochtones jusqu'à Buenos aires, les faisant marcher à pied sur des kilomètres, provoquant de nombreuses morts.
Certains survivants ont signalé la cruauté du traitement durant ces marches, y compris le meurtre, la mutilation et même la castration de personnes qui ne pouvaient pas continuer à cause de la fatigue.
L'exode rural va aussi toucher les populations Mapuches et on estimait qu'en 1961, 25% de la population Mapuche vivait en dehors de leurs terres traditionnelles. Il s'agit d'une estimation car le gouvernement Chilien ne les considérait pas comme des Mapuches mais juste comme des citoyens comme les autres majoritairement donc nous n'avons que peu de statistiques réelles fiables. (exemple en 1952 pour les autorités chiliennes il y avait 852 Mapuches à Santiago alors que des études indépendantes parlent de plus de 10 000 Mapuches de plus de 21 ans).
Durant cette période, de nombreuses organisations Mapuches avec des idéologies différentes (du traditionnel au catholique) vont voir le jour réclamant le retour des terres prises par le gouvernement Chilien et la protection de la culture Mapuche. Certaines organisations chercheront à récupérer les terres par la lutte et non par voie de la discussion.

Le président Chilien Salvador Allende rencontrant des femmes Mapuches
La dictature militaire de Pinochet de 1973 à 1990 sera implacable envers les Mapuches et beaucoup d'entre eux seront torturés et tués par le gouvernement Chilien.
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Le général Pinochet
Les organisations Mapuches firent un grand retour en réponse au décret-loi n° 2568 portant sur la suppression de la forme juridique de la propriété communale de la terre, qui était l’ultime rempart des propriétés mapuches et comportait la reconnaissance de la qualité d’autochtone de leurs occupants.
C'est durant cette période que virent le jour les centres culturels Mapuches qui permettaient aux Mapuches d'avoir des endroits pour se protéger des persécutions.
En 1989, Ana Llao de la communauté Ad- Mapu, aux côtés des dirigeantes de plusieurs autres organisations mapuches rencontra le principal opposant de Pinochet, Patricio Aylwin le représentant de la concertation des partis pour la démocratie, une coalition de partis politiques chiliens du centre et de la gauche qui souhaitait rétablir la démocratie au Chili.
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Patricio Aylwin en 1990
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Logo de la concertation des parties pour la démocratie
Lors de ce parlement, il fut convenu que l’État chilien accorderait la reconnaissance constitutionnelle aux droits économiques, sociaux et culturels des Peuples autochtones, qu’une Commission spéciale serait constituée conjointement avec les organisations autochtones aux fins d’élaborer un projet de loi autochtone. En contrepartie, les organisations autochtones s’engageaient à ne pas s’écarter de la voie institutionnelle pour faire aboutir leurs revendications.
Le 6 avril 1990 fut fondée le Aukiñ Wallmapu Ngulam (le conseil de toute la terre), une organisation Mapuche pacifiste souhaitant le retour des terres Mapuches aux Mapuches. C'est eux qui ont créé le drapeau Mapuche de 1992.
Un des Werkens (porte parole en Mapuche) est actuellement Aucán Huilcaman.
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Aucán Huilcaman
Au début des années 1990, alors que le Chili venait de retrouver la démocratie, une organisation mapuche, Aukiñ Wallmapu Ngulam, occupe de manière symbolique des terres ancestrales mapuches détenues par des propriétaires terriens. Le gouvernement répliquera en faisant enfermer les 141 Mapuches en prison et en suspendant leurs droits politiques.
En 1993 fut approuvée la loi no 19.253 dite de Développement Autochtone. Le nouveau dispositif législatif institué par cette loi fut mis en œuvre avec la coopération des principaux responsables mapuches, jusqu’en 1997 où survint une nouvelle crise :
Une entreprise commença la construction d’une deuxième centrale hydroélectrique dans la commune d’Alto Biobío, sous la dénomination de Centrale hydroélectrique Ralco. Des Mapuches résidant dans la zone touchée refusèrent de quitter leurs terres, en s'aidant de la nouvelle législation qui exigeait un permis de la Corporation Nationale de Développement Autochtone (en espagnol Corporación Nacional de Desarrollo Indígena, CONADI) pour pouvoir exproprier des terres Mapuches.
À la suite du refus de la CONADI d’approuver l’expropriation concernée considérée comme contraire aux droits des Mapuches de la région, le président Eduardo Frei du parti démocrate chrétien limogea le directeur de la CONADI et suspendit en outre l’autorité environnementale qui s’était elle aussi opposée au mégaprojet, de sorte que des milliers d’hectares de terres et de sites sacrés du peuple mapuche furent engloutis par les eaux par une décision autoritaire.
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Eduardo Frei Ruiz
De plus, des entreprises majoritairement chiliennes exploitèrent des plantations forestières sur le territoire Mapuche sans l'accord de ces derniers, provocant des conflits faisant un bon nombre de blessés.
Ce n'est qu'en 2009 que le Chili a mis en place les lois qu'il avait promises aux Mapuches en 1989.
Tout cela créant un conflit Mapuche encore en cours.
Sous le gouvernement de Ricardo Lagos (2000-2006), la réponse de l’État au conflit mapuche emprunta deux voies principales : d’un côté par l’application de la loi contre les actions illégales et violentes des activistes mapuches, qui atteignirent leur point le plus critique en 2002, lorsque, pendant une occupation illégale de terres, le jeune comunero Alex Lemun Saavedra perdit la vie par l’action des carabiniers du Chili, qui avaient fait usage de carabines anti-émeute chargées à balles de plomb ; de l’autre côté à travers une opération de renseignement baptisée « Operación Paciencia » dirigée depuis le sous-secrétariat à l’Intérieur présidé par Jorge Correa Sutil et tendant à cataloguer la Coordinadora de Comunidades en Conflicto Arauco-Malleco (un mouvement Mapuche) comme organisation à caractère terroriste, et à la rendre à ce titre susceptible de poursuites et ses dirigeants passibles d’incarcération. Des exemples paradigmatiques de tels jugements furent la dénommée « affaire Loncos », qui vit la condamnation de deux loncos, Pascual Pichun et Aniceto Norin, à cinq ans et un jour de prison pour « menace d’incendie terroriste », et l’« affaire Puluco-Pidenco », où quatre comuneros se virent infliger une peine de 10 ans et un jour d’emprisonnement pour « incendie terroriste ».
En mars 2006, quatre des neuf prisonniers mapuches condamnés au titre de la loi antiterroriste engagèrent une grève de la faim illimitée, qui dura 62 jours sans obtenir que le gouvernement de Michelle Bachelet consentît à faire réviser le controversé verdict prononcé sous le gouvernement de son prédécesseur.
En mars 2007, le Comité des droits de l'homme de l’ONU, organisme chargé de surveiller l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, dénonça lui aussi, dans ses observations jointes au rapport sur le Chili, les pratiques de criminalisation à l’encontre du mouvement social mapuche, enjoignant à l’État chilien de modifier la loi no 18.314, dite loi antiterroriste. En outre, se référant aux articles 1er et 27 dudit pacte, le Comité dit déplorer que les « terres anciennes » continuaient d’être en péril à cause de l’expansion de l’exploitation forestière et à cause de grands projets d’infrastructure et de production d’énergie, et rappela que l’État chilien devait mettre tous ses soins à ce que les négociations avec les communautés autochtones aboutissent à trouver une solution respectueuse des droits aux terres de ces communautés, conformément aux articles 1er, alinéa 2, et 27 du pacte, et pour cela accélérer les procédures en vue de ce que ces terres ancestrales fussent reconnues et dûment délimitées. De même, il exhorta l’État chilien à mener des consultations avec les communautés autochtones avant d’octroyer des licences pour l’exploitation économique des terres objet de controverse, et de garantir qu’en aucun cas l’exploitation envisagée ne porte atteinte aux droits reconnus dans le pacte. En 2004, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels avait déjà formulé des observations allant dans le même sens.
En 2008, alors que Michelle Bachelet exerçait la charge de chef d'État, Matías Catrileo, né le 11 septembre 1985, étudiant en agronomie, Chilien d’origine mapuche, trouva la mort le 3 janvier 2008, quand une balle de pistolet-mitrailleur Uzi le toucha. Matías Catrileo participait à une occupation d’un bien-fonds privé faisant partie des terres ancestrales Mapuches, ce qui avait poussé la force publique à intervenir. À la suite de ces événements, le carabinier présumé auteur de l’assassinat fut incarcéré pendant que l’enquête judiciaire suivait son cours.
La police chilienne a aussi parfois monté de fausses accusations contre des militants mapuches.
En mai 2022, la Chambre des députés du Chili a déclaré le Coordinateur Arauco-Malleco, Resistencia Mapuche Malleco, Resistencia Mapuche Lafkenche et Weichán Auka Mapu comme des "associations illicites de nature terroriste".
Il y a actuellement environ 1 745 147 Mapuches au Chili (d'après des statistiques de 2017) et 145 783 en Argentine (en 2022). 381 762 personnes au Chili parlent encore le mapudungún, la langue des Mapuches.
Passons maintenant à la découverte de la riche culture Mapuche.
Commencons par la religion, qui est en partie imprégnée du christianisme, et de nombreux mythes européens mélangés à la religion mapuche pré-colombienne.
Dans la culture mapuche, l'univers est traditionnellement représenté comme une série de plans qui se chevauchent: - Wenu Mapu ("Terre d'En-Dessus"), le ciel dans lequel résident les êtres protecteurs et les esprits des ancêtres - Nag Mapu ("Terrain en dessous"), le monde dans lequel habitent les êtres humains, les animaux, les plantes et certains êtres spirituels. Il est compartimenté selon les quatre identités territoriales mapuches et est symbolisé comme Meli Witran Mapu ("Quatre coins du monde"): le Puel Mapu : l'Est, Pikun Mapu : le Nord, Lafken Mapu : l'Ouest, et Willi Mapu : le Sud. - Miñche Mapu ("Terre en dessous"), un monde souterrain qui abrite des êtres hostiles à l'humanité.
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Représentation du Meli Witran Mapu qui se trouve sur le drapeau Mapuche de 1992
Il y a dans la mythologie Mapuche une divinité supérieure, Ngünechen, considérée comme une sorte d'équivalent du dieu. Il est père, mère, soeur, frère.
L'humanité se dit Che en langue Mapuche et on parle de Pillan pour parler des esprits des ancêtres. Ces derniers ont un lien avec l'origine de l'humanité.
Les pillans sont étroitement liés à l'être humain mapuche, car beaucoup d'entre eux correspondent à un fondateur d'une lignée ou d'une famille, et donc les pillans sont leurs ancêtres, et liés à l'origine des Mapuche. Ainsi chaque vieille famille avait son pillan qui dépasse et défend ses membres.
Un homme mapuche peut après sa mort devenir un pillan mais seulement si a une grande descendance pour se souvenir de lui et pour honorer sa mémoire, et dans la vie, il a suivi les traditions et les lois de la société mapuche. Si c'est une femme, elle peut devenir une wangulénun (un esprit féminin).
Il y a quelques légendes sur les Pillans :
Au début, quand le temps n'existait pas encore et que le wenu mapu (les cieux) était sombre, les esprits anciens se réveillèrent à partir du Pu-am (esprit représentant l'âme universelle), et parmi eux sont apparus les premiers pillans. Ainsi, comme les autres esprits anciens, les pillans habitaient le wenu mapu d'avant que le temps n'ait son commencement, et ont réussi à apporter de la lumière à cet endroit. Ils ont réussi à apporter la lumière, car ils sont comme des étoiles brillantes de lumières et de couleurs, parce que la lumière et la couleur sont engendrées par les mêmes esprits anciens.
Parmi les pillans se trouvait Antu (personnification du soleil chez les Mapuches), qui est le plus puissant d'entre eux. Antu décida de prendre Kuyén (la personnification de la Lune chez les Mapuches) une wangulen comme son propre inandom (femme préférée). C'était au début des temps, et depuis, il s'est écoulé un temps si long que personne ne peut le mesurer.
Kuyén accepta la proposition d'Antu et a commencé à vivre avec lui. Cela créa de la jalousie et de la rivalité chez les autres Pillans, qui vont briser l'harmonie qui existait au Wenumapu et faire que les esprits ne respectèrent plus l'admapu (les règles de la société Mapuche). Tout ce mal a été nourri par le pillan Peripillán, envieux de la puissance d'Antu. Peripillán est dans la mythologie Mapuche l'inverse d'Antu. Il symbolise la force, l’instinct, le sang, le règne des ténèbres. Il est le père du feu qui vit dans les volcans.
Antu apprit cela et chercha à punir Peripillán. Ainsi commença la guerre des Pillans. Chaque Wangulen, chaque Pillan et chaque esprits dut choisir un camp. De plus comme les forces de la nature n'avaient pas encore été remis aux Ngens (les esprits de la nature dans la mythologie Mapuche), les Pillans vont utiliser ces forces lors de la guerre.
Cette guerre eut de tels impacts qu'elle secoua l'univers entier, touchant le Miñche Mapu, permettant aux Wekufe (des esprits nocifs associés aux arts occultes et à la malchances, ils peuvent également faire le bien) et aux Laftraches (l'équivalent des gnomes de la culture Mapuche) de pouvoirs aller librement dans l'univers.
La lutte a duré si longtemps que les enfants des pillans ont pu avoir le temps de grandir, et ont cherché à remplacer leurs parents dans la guerre. Antu et Kuyén, furieux de ne pas être respectés, ont alors attrapé leurs enfants, qui étaient des géants avec de longs cheveux, et les ont jetés à travers les nuages sur la création d'Elmapu (esprit créateur de la Terre). En arrivant cela va détruire les corps de ces esprits, créants de grands trous formant des lacs, le reste des corps formant des montagnes gigantesques où ils se sont profondément enfouis.
Finalement, le camp d'Antu gagna la guerre et jeta Peripillán et ses alliés pillans sur la Terre, puis Antu, sous le coup de la colère, piétina les corps pour les enfoncer profondément. Il mit alors des montagnes sur les endroits où se trouvaient les corps. Peripillán forma ainsi un volcan : le volcan Osorno.
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Volcan Osorno
Ces esprits enfouis font ainsi trembler la terre pour essayer de s'en arracher, et peuvent parfois parvenir à sortir un bras où une main sous la forme d'une coulé de lave, comme des serpents de feu. Cependant au lieu d'atteindre le Wenumapu et de devenir la lumière des étoiles, leur lumière se transforme en pierre.
Puis Antu voulut punir les wangulens vaincues. Cependant, elles pleurèrent tant qu'elles apportèrent toute son eau à la Terre, et Antu eut pitié d'elles et les laissa tranquilles, leurs larmes les ayant suffisamment affaiblies pour leur donner la lueur d'étoiles simples.
Après la grande bataille et les punitions infligées aux perdants, les mères wangulen pleuraient tant quand elles voyaient les corps déchirés de leurs enfants que l'esprit Pu-am a été ému. Il a alors ramené la vie dans le corps des enfants morts.
Le fils de Peripillan a été transformé en un énorme serpent dont le nom est Kaykay, le fils d'Antu a été transformé en un autre serpent immense dont le nom est Trentren. Kaykay a pour mission de vivre dans l'eau pour assister les Ngen-ko, les esprits de la nature affiliés à l'eau. Trentren vit quand à lui sur la terre ferme aidant les Ngen de la terre.
Représentation des deux serpents
Les fils des pillans vaincus furent autorisés par Pu-am à vivre dans les volcans du Mapu sous la protection des Ngen-Winkuls, les esprits des montagnes, des volcans et des collines, à condition de suivre l'Admapu. C'est sur cela qu'Elche (ou El) créera l'humanité.
Il y a également une légende sur Trenten et Kaykay.
On raconte que Kaykay s'est mis en colère contre les humains car ceux-ci n'avaient que dédain pour les trésors de la mer. Il a alors utilisé sa queue de poison pour déclencher de grandes inondations, souhaitant ainsi punir l'être humain et amener toute la vie terrestre dans son domaine, sous la mer.
Une autre légende explique que cette colère viendrait de ce qu'une qu'une fille aurait rejeté son fils Trauco (il s'agit d'un ogre de 80 cm de haut, avec sa hache magique, il peut couper n'importe qu'elle arbre. Il est dit qu'il séduit les femmes puis les rend enceintes, on attribuaient souvent les naissances dont on ne connaissait pas le père au Trauco sans que cela ne pose de problème pour la mère ou l'enfant).
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Représentation de Trauco
Trentren aida alors les espèces de la terre, qui l'imploraient. Il les laissa grimper sur son dos pour les installer sur de hautes collines. Ceux qui étaient piégés par les eaux furent changés en oiseaux, ceux qui se noyaient devinrent des poissons et des mammifères marins, un des humains noyés devenant le Cahuelche, une créature marine magique ressemblant à un dauphin.
L'eau montait et alors que Trentren faisait monter les collines, Kaykay en colère l'a affronté dans un combat titanesque, le combat se terminant quand les deux furent fatigués. Trentren fut victorieux ayant permis à une partie des terres de ne pas être submergés. Ainsi les côtes du pays Mapuche furent formé. Épuisé, Kaykay partit dans la portion de terre obtenue et délégua ses fonctions à Millalobo.
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Représentation de Millalobo
Millalobo étant issu de l'amour entre une femme et un phoque.
Peu de temps après la fin du combat, Cahuelche (la personne noyée et transformée en créature marine magique) fut nostalgique des êtres humains. Millalobo, sentant la tristesse de l'animal et cherchant à lui donner un compagnon Huenchurs (des créatures contrôlant le climat), demanda au Cahuelche de servir les Huenchurs. En échange, il lui donnerait l'intelligence et le cri pour pouvoir communiquer avec les humains. Le Cahuelche accepta, servant de ce fait d'intermédiaire entre les Huenchurs et les hommes, les Huenchurs ne peuvent communiquer avec les humains. Ainsi les Huenchurs peuvent indiquer les changements dans le climat.
Parmi les Mapuches, la couleur est intimement associée à la vision du cosmos et de leurs plateformes respectives.
Le bleu (kallfü) est une couleur optimale qui se trouve fréquemment sur les éléments de la vie quotidienne, tels que les mouchoirs avec lesquels les femmes mapuches couvrent leur tête, leurs vêtements, leurs murs, la décoration générale et leur ornementation. Aussi, le blanc et le bleu sont les couleurs rituelles par excellence, présentes dans les principaux emblèmes des prêtres Mapuches (nous en parlerons plus en détail plus tard).
Le noir (kurü) symbolise la pluie, le pouvoir matériel et spirituel, généralement utilisé par les gens de pouvoir comme le Lonko et les prêtres Mapuches, peut-être parce que c'est la teinture la plus difficile à faire pour le métier à tisser traditionnel mapuche.
Le rouge (kelü) est généralement associé aux combats,à la guerre ou à la construction de guerre et au sang ; par conséquent, le rouge est la couleur interdite en guillatun (une grande fête traditionnelle dont nous parlerons aussi plus tard). Cependant, le rouge a également des connotations positives lorsqu'il est lié aux fleurs du champ et, surtout, au copihue.
Le vert (karü) symbolise la nature dans toute sa splendeur et son exubérance. C'est la couleur de la germination de la terre et, par conséquent de sa fertilité, et la couleur de la terre elle-même
Dans la société Mapuche, on distingue : - Les Kalkus, des utilisateurs de magie occulte, en quelque sorte l'équivalent mapuche des sorcières, qui utilisaient les Invunches, des créatures du folklore Mapuche, comme gardiens. Les Invunches était faits avec un nouveau né kidnappé où vendu par le père, à qui les Kalkus cassaient une jambe et la tordaient sur son dos, puis lui appliquait une pomade magique qui donnerait des poils, et lui écrasaient la tête pour qu'elle soit allongés, et puis cassaient la langue en deux. Ils nourrissent après la créature avec du lait de chat noir où d'une femme Mapuche. Quand il a ses dents, on lui donne de la viande de chevreau puis une fois adulte, de la viande de chèvre.
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Représentation de l'Invunche
Le Ngenpin, qui est l'orateur et guide spirituel des esprits. S'il coïncide avec le Lonko, on parle de zugu longo genpin.
Le Pelom, une personne ayant la capacité de voir l'avenir.
Les Machis, des personnes chargées de la médecine traditionnelle (texmon en langue Mapuche) au cours de la cérémonie du Machitún, qui sert d'intermédiaire entre le monde du visible et celui de l'invisible. Ils doivent aussi pouvoir trouver les Kalkus.
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Représentation de Machis en 1903

Représentation d'un Machitún
Mais parlons des Machis :
Pour devenir Machi, il faut avoir eu durant l'enfance où l'adolescence certains de ces signes :
Les rêves prémonitoires.
révélations surnaturelles.
Influence de la famille.
Transmission héréditaire.
Pouvoir de guérison de la maladie.
L'apparition de l'esprit de machi (pulli) appartenant à la famille
Les Machis sont des femmes où des hommes munis d'un tambour leur servant à parler de leur vision du monde par son bruit.
Dans le cadre des Machis hommes, on parle de Machi Weye, qui s'habillent comme des femme et sont associés à un esprit féminin. Les Machi Weye sont célibataire mais peuvent avoir ouvertement des relations homosexuelles sans que cela ne soit historiquement un problème pour la société. Ils sont généralement considéré dans la société mapuche comme homme et femme en même temps.
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Machi Weye
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Machis en train de soigner un malade
Les Mapuches n'ont pas de temple. Ils font des rites autour d'une forêt par exemple où ils installent des rehue (des autels Mapuches), et le lieu sert alors de lieu de culte.
Exemple de Rehue
La Guillatún était une ancienne fête très importante qui fonctionne comme un lien avec le monde spirituel pour demander le bien-être, renforcer l’union de la communauté ou remercier les avantages reçus. Le rouge est interdit durant cette cérémonie. Le rite est dirigé par le Ngenpin mais s'il ne peut pas, les Machis le font à sa place.
Le Guillatun est fait pour demander le climat les cultures, qu'il n'y a pas de maladies, pour l'abondance de nourriture, pour la force spirituelle et la vitalité. Chaque communauté le fait au moins une fois par an.
Un Guillatun dure au moins deux jours et au plus quatre. Les rituels peuvent être répétés et les sacrifices et les offrandes des animaux sont très importants, car ils permettent d'établir un lien avec les esprits.
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Représentation d'un guillatun
Une autre cérémonie est le We Tripantu, la fête du nouvel an mapuche. Sa date est fixée au solstice d’hiver (hémisphère sud), entre le 21 et le 24 juin, de sorte qu’à l’aube du 24 juin, un autre cycle de vie commence dans le monde mapuche et sur la terre mère. C’est en général une journée de retrouvailles, d’harmonisation et d’équilibre des relations humaines. Une tradition courante de cette fête est de se baigner à l’aube dans une rivière ou dans un lac pour se purifier.
Durant les rites funéraires, on place un Chemamull devant la tombe du défunt.
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Comparaison de la taille d'un Chemamull avec un être humain

Installation d'un Chemamull vers 1901-1903
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Chemamull actuellement

Chemamull d'un enfant
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Chemamull exposés au métro de Santiago
La société Mapuche est patrilinéaire (la filiation passe par le père) et exogame (on cherche son compagnon où sa compagne en dehors de sa communauté) et patrilocale (la femme va vivre dans la demeure de son époux). Historiquement, la polygamie existait mais l'arrivée des missionaires y mettra fin.
Les Mapuches ont un sport que l'on appelle le Palin qui se rapproche du Hockey.

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Jeu du Palin
L'objectif est d'amener une balle en utilisant des cannes vers un but (tripalwe, "sortie") qui est symbolisé par la ligne arrière de l'équipe rivale, obtenant ainsi un point ou tribal.
Le centre du terrain est marqué par un trou d'où la balle est frappée par le vin et envoyée sur le côté où se trouve la propre équipe, qui doit la retirer de sa bande ou de sa limite inférieure.
Les manœuvres consistent à frapper la balle au ras du sol ou en hauteur (witrulon), à dominer la balle en l'air (malkotun) et à dominer la balle dans les airs sans la laisser tomber jusqu'à la passer à un autre joueur (malkokantun).
Le jeu se joue avec deux équipes de 5 à 15 joueurs. La partie se finit lorsque l'une des équipe atteint 4 points de plus que l'autre équipe.
La maison traditionnelle des Mapuches est la ruca, construction assez vaste d’une superficie variant entre 120 et 240 mètres carrés, constituée de murs d’adobe, de planches ou de bambous, tapissés de tiges de massettes à l’intérieur. Les rucas sont renforcées au-dedans par des piliers de bois qui supportent une toiture de joncs ou de quelquess graminées. Elles sont habituellement dépourvues de fenêtres, l’unique entrée, tournée vers l’orient, restant ouverte mais abritée des rayons du soleil par une ramada (auvent) formée de piquets supportant une couverture de branches.
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Maison traditionnel Mapuche
Les Mapuches ont aussi une longue histoire avec le textile.
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Textiles Mapuches
Le textile est fait à partir de laine de Camélidés coloriée avec des colorants végétaux.
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Mêtier à tisser Mapuche
Ils ont également quelques talents en argenterie.
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Représentation d'un Trapelacucha, un pectoral mapuche pour les femmes

Femme Mapuche portant un Trapelacucha
Terminons par quelques images de Mapuches en tenue traditionnelle :




Exemple de Mapuche en tenue traditionnel
Terminons par quelques musiques en langue mapuche :
Musique mapuche : https://www.youtube.com/watch?v=yHuT8yRMlDc
Berceuse mapuche (vous pouvez avoir la traduction avec les sous titres) : https://www.youtube.com/watch?v=F3FYC2_IFGQ
J'espère que cette épisode vous aura plu et vous aura appris plein de choses !